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Le coin du Dr Sturbois
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Vos questions/Réponses du Dr Sturbois
Question n°1 :
Faut-il vacciner contre la paratyphose ? (ou Salmonellose, c'est la même chose.)

-A l'heure actuelle, pour moi, le caractère obligatoire de la vaccination contre la paratyphose ne fait plus aucun doute depuis  au moins un ou deux ans et cela pour plusieurs raisons.

1-L'expression clinique de la maladie (moment où on se rend compte au pigeonnier que quelque chose ne va pas)peut survenir chez des porteurs sains (pigeons qui sont porteurs de la bactérie sans pour cela être malades) lors de tout épisode stressant ou fatigant ( Elevage, concours, mue, fin de saison sportive, … ;).C'est-à-dire à tout moment.

2-Pour le colombier qui ne serait pas encore contaminé (pigeonnier où aucun pigeon n'est encore porteur sain), ce n'est plus, pour moi, qu'une question de temps. En effet, les causes d'introduction de la bactérie chez soi ne manquent pas : introduction d'un porteur sain  vacciné ou non ( bon de pigeonneau, achat de reproducteur, pigeon étranger, achat d'un œuf contaminé)  ou introduction via l'eau, l'aliment, les rongeurs, l'Homme, etc…)

3-Autre précisions concernant cette maladie et en rapport direct avec la question, la mises sous antibiotique des pigeons n'a pour effet que de diminuer le nombre de salmonelles présent dans l'organisme. Donc, évidemment, ça permet de sauver un animal malade si le processus n'est pas encore trop évolué, ça arrête la propagation de la maladie dans la colonie mais on ne parvient que très rarement à éliminer la bactérie de tous les pigeons ( il restera très souvent des porteurs sains pouvant rechuter à tout moment). Une vaccination doit absolument faire suite à ces traitements. (il est parfois possible d'avoir des animaux qui portent en eux trop peu de salmonelles pour être réellement (extérieurement) malades, mais assez pour que les résultats ne soient pas au rendez-vous ou pour amener des pertes inexpliquées de pigeonneaux ).

4-Un dernier argument en faveur d'une vaccination systématique est une propagation de plus en plus importante ce type de bactérie à cause du vaccin :

Le vaccin protège les pigeons contre l'expression des signes cliniques (les empêche de tomber malade) mais en aucun cas ne protège de l'infection ( même vaccinés ils peuvent devenir porteurs sains si ils étaient négatifs et la vaccination n'offre  aucunement la possibilité d'éliminer la bactérie de l'organisme si elle était déjà présente) et donc permet de propager la bactérie à d'autres pigeons, à d'autres colonies, au matériel, … sans s'en rendre compte.   Assez vicieux non ?

Pour la vaccination le seul vaccin légalement disponible et utilisable sur le marché Belge est le COLOMBOVAC PARATYPHUS qui doit être utilisé selon les indications de la notice et les recommandations de votre vétérinaire !

Question n °2 :
Intérêt des prises de sang.

1 Intérêt

Faites à un ou des moments précis de la vie du pigeon, les prises de sang permettent de mettre en évidence différentes choses.

-Un dosage d'anticorps peut prouver l'efficacité ou non d'une vaccination. En effet, il faut savoir que même avec un vaccin approprié et bien utilisé certains animaux peuvent ne présenter aucune immunité suite à une vaccination. Par exemple, un passage de circovirus dans votre élevage peut compromettre une vaccination quelle qu'elle soit car il détruit l'organe capable de produire cette formation d'immunité.
-Le dosage de certains anticorps permet aussi à posteriori de prouver le passage d'une maladie précise.

Dans les deux cas, ce sont des recherches ne ciblant qu'une pathologie ( on ne peut pas dire avec une analyse : il y a bien un problème et ça vient de telle ou telle maladie.) De plus, le résultat n'a de valeur que pour le pigeon testé. Imaginez-vous les frais pour tester 4 maladies sur l'ensemble d'une colonie !(Il y a de plus un problème pratique nous en parlerons plus tard.)

-Un dosage de paramètres biochimiques peut mettre en évidence une altération métabolique. En pratique, on peut arriver à prouver ou suspecter un passage d'Adénovirose en investiguant la fonction hépatique par exemple. Quel en est l'intérêt réel puisque le traitement suite à cela ne sera pas différent de si on se limitait à un diagnostic de "  forte suspicion d'adénovirose "
-Pour ma part, il y a 2 ans, j'ai essayé de cibler des paramètres sanguins permettant de montrer si un pigeon est en forme ou non et montrant si un pigeon avait récupéré afin de pouvoir le réengager dans des conditions optimales. Quelques données paraissent encourageantes mais il y a des limites pratiques et financières à ces techniques de recherches.

-La mise en culture du sang récolté peut permettre d'identifier une bactérie qui est présente dans le système circulatoire ( sang) mais si c'est le cas , l'animal montre déjà qu'il est malade, il y a déjà des morts (le sang sera prélevé lors de l'autopsie), la mise en place d'un traitement est urgente et ne permet pas d'attendre les résultats du labo. Cela permettra néanmoins de confirmer ou non la justesse du choix de l'antibiotique prescrit.

D'autres tests moins traumatisants et souvent plus rapides permettent à l'heure actuelle de diagnostiquer certaines pathologies. Par exemple, la Chlamydiose ( ou Ornithose, ou Psittacose) peut se mettre en évidence par P.C.R.

2- Les limites de la prise de sang.

a- Les sites de prélèvement
- Une veine de l'aile : Elle est fragile, on attrape vite un gros hématome, il faut encore que le pigeon vole sans encombre.
-Un sinus en arrière de la tête : si le pigeon bouge on peut toucher le cerveau.
- Une veine de la patte ( le site le plus adéquat) Il faudra néanmoins enlever la bague électronique, placer un pansement, l'enlever, remettre les bagues… bonne chance aux enlogeurs s'il y a des erreurs toutes les semaines. ( Et si le pigeon saignait à nouveau dans le panier ?)

b- En médecine des oiseaux on manque de données, de références. Les résultats ne seraient pas interprétables parce qu'on n'a pas de normes pour comparer.

c- Rares sont les laboratoires capables de prendre en charges de telles analyses

d- Par expérience, je peux vous assurer que des prises de sang régulières sur un même animal ne sont pas sans conséquences vu la faible taille d'un pigeon et le volume qu'il est nécessaire de prélever pour ces analyses.

Pour ce qui est de mettre en évidence de nouvelles maladies, tout ne se fait pas en un claquement de doigts : J'ai des collègues, très capables, qui depuis 6 ans, essayent, en collaboration avec deux autres pays, de mettre en évidence le ou les agent(s) responsables d'une maladie présente chez le lapin sans pouvoir prétendre progresser significativement. Et je vous assure que ce n'est pas un problème de compétences, de moyens ou de pistes explorées.

Question N° 3 :
Cures préventives qu'en penser ?

Répondre à cette question de manière catégorique n'est pas aisé car il y aura toujours bien quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a fait autrement et qui 'joue bien'.

Mon avis lui est plus direct, je suis entièrement opposé à toutes ces cures aveugles de courte durée.( Rem : Je ne classe pas un traitement anti-tricho de 6 jours sur couvage dans une rubrique cure aveugle, je le qualifie plutôt de stratégique.)

Mes arguments.

1- L' emploi d'antibiotiques ( et l'anti-tricho peut être considéré comme tel) peut détruire les reins de manière irréversible.

2- L'usage fréquent d'AB et de surcroit très peu de temps conduit inévitablement un jour ou l'autre à la sélection, chez soi, de bactéries qui vont résister à l'action du médicament. ( Ce q'il y a de plus grave c'est que ces bactéries multirésistantes vous les amenez au local.)

3- Ces AB on l'air de faire partie d'une colombophile moderne, permettant d'aller toujours plus fort, toujours plus vite, au détriment, le plus souvent, du respect de l'oiseau.  Moins de pigeons, une aération correcte, plus d'hygiène, un peu plus de repos… une alternative !

4- L'administration d'AB détruit également la flore bactérienne commensale ( bactéries normalement présente dans certains organes ( intestins-voies respiratoires supérieures)), qui sert de protection à ' l'attaque' des autres bactéries.

5- L'emploi d'AB peut permettre l'émergence d'autres agents pathogènes Une aspergillose peut se développer suite à un traitement AB. Les bactéries commensales ne sont plus là pour empêcher le champignon de se développer.

6- Il arrivera un jour où nous n'aurons pas de solution thérapeutique pour une colonie réellement malade.

7- Un pigeon de fond qui puise régulièrement dans ses réserves doit avoir un organisme le moins endommagé possible pour triompher. Certains sont 'brûlés' par les traitements avant même d'arriver pour la première fois à 800 KM.

Cependant il est vrai qu'il existe des colonies qui jouent bien avec ce système. Ont-elles essayé sans ?
Y a t'il eu un problème ? Le résultat n'aurait-il pas été meilleur sans ?
Le pigeon n'aurait-il pas brillé 2 ou 3 ans de plus, et si il avait pu féconder 5 ans de plus ?

Il est vrai, par exemple, que la trichomonose chez les pigeonneaux est un fléau mais je préfère un traitement d'une semaine toutes les trois semaines que de deux jours toutes les semaines.

Autrement dit, je n'ai pas de réel plan à vous proposer si ce n'est un bilan de l'état de santé de la colonie à des moments stratégiques :  un mois avant les accouplements, un mois avant les concours, entre la fin des concours et le début de la mue,…
Les bons pigeons sont rares protégés-les !

Question N 4 :
Paratyphose suite 1

A la lecture de différentes notices d'utilisation de l'un ou l'autre vaccin européen destiné à protéger le pigeon contre la salmonellose ( je n'ai pas la prétention de les connaître tous ou d'avoir contacté l'ensemble des firmes qui les commercialisent) il apparaît que l'un aurait un nombre d' injections moindre à devoir effectuer, que l'autre protègerait le pigeon plus longtemps ou qu'un troisième serait plus risqué lors de l'administration… et si il ne fallait pas se contenter de l'emballage ?. La Belgique n'en possédant qu'un, le problème ne se pose pas, mais si c'était vrai pour d'autres produits, le conseil d'un vétérinaire ne serait-il pas intéressant ?

Exemple 1 : Le vaccin X  est efficace 1 an en une seule injection. La notice de 3 pages nous dit malgré tout de ne pas vacciner les animaux malades, mais non plus les porteurs sains. Savez-vous si vous avez des porteurs sains ? La protection maximale est de 12 mois(Lire durée maximale de protection et non durée de protection maximale), mais, dans ce pays-là quel est le taux d'anticorps reconnu comme nécessaire pour protéger le pigeon. Et si un seul pigeon sur 500 atteignait cette durée de protection…

En pratique en Belgique :

Dans le cadre des vaccinations de routine, je conseille de mettre les oiseaux 5 jours sous antibiotique avant la vaccination. Cette durée est portée à 10 jours lors de vaccinations sur des cas cliniques avérés.

L'antibiotique utilisé sera tout simplement un AB actif contre les salmonelles présentes chez vous. Sans mise en évidence de la bactérie et sans antibiogramme cela se résume à utiliser un AB qui a de fortes chances d'agir chez vous ( J'en conviens que c'est ce qui se fait dans la plupart des cas). Puisqu'on me le demande, oui le Baytril a de fortes chances de remplir cette mission, tout comme les TMP X SULFA, Tétracyclines, Fluméquine, Amoxicilline,…

Le but de ce traitement est de minimiser le risque lié à la vaccination. En effet vacciner un animal malade ou en voie de le devenir (porteur)peut le précipiter vers la mort. En outre, un animal en bonne santé s'immunise toujours mieux.

Pour la vaccination en elle même, elle peut se pratiquer après le sevrage ( même issu de parents vaccinés, comme l'immunité ne se transmet pas très bien de la mère au petit, on peut prévoir que celui-ci n'est plus protégé après la 4ème semaine de vie.) Cette première injection ne protègerait efficacement le pigeon que quelques jours si elle n'était pas suivie, 3 à 4 semaines plus tard, par une seconde. A partir de ce moment votre pigeon est protégé pour une durée allant de 6 mois à un an en fonction de différents paramètres. Après quoi il faudra à nouveau faire un rappel de vaccin.

Ces variables sont :

- L'état de santé de votre pigeon au moment des injections et durant la période qui va suivre.
- La pression d'infection en salmonelle dans l'environnement ( l'hygiène).
- L'état de fatigue physique et mentale de l'animal
- La qualité réelle de différents vaccins
- Le pigeon en lui même,…
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